Voici une synthèse claire et factuelle pour comprendre les enjeux.
#Qubic : comment ça fonctionne ?
Le logiciel de Qubic permettrait de miner à la fois Monero (XMR) et d’effectuer des tâches liées à l’intelligence artificielle, avec une alternance automatique entre les deux activités.
Les mineurs sont ensuite rémunérés en $Qubic, le token natif du projet.
Cette approche, appelée uPoW (Unified Proof of Work) par le projet, vise à combiner plusieurs types de calculs afin de proposer un modèle de minage différent de celui utilisé traditionnellement par Monero.
#Trois scénarios possibles autour de Qubic
Plusieurs hypothèses existent concernant l’objectif réel et l’impact potentiel de Qubic :
- uPoW est réellement fonctionnel : il pourrait alors représenter une menace à long terme pour Monero en attirant une partie importante de sa puissance de calcul.
- Le modèle repose principalement sur la hausse spéculative du token Qubic : dans ce cas, l’intérêt des mineurs pourrait rapidement diminuer si la valeur du token baisse.
- Il s’agit principalement d’une opération marketing : l’objectif serait alors de gonfler artificiellement la puissance de calcul annoncée afin d’attirer de nouveaux mineurs et investisseurs.
#Des incohérences dans leur modèle
Plusieurs points soulèvent des interrogations.
#Une question de rentabilité
Si les calculs d’intelligence artificielle sont réellement beaucoup plus rentables que le minage de Monero, pourquoi ne pas consacrer l’ensemble de la puissance de calcul à l’IA ?
Cette question alimente les spéculations sur un éventuel objectif caché visant Monero.
#Pourquoi cibler Monero ?
Monero est une cryptomonnaie dont le minage est peu rentable dans la majorité des situations, sauf avec un accès à une électricité très bon marché ou gratuite.
De plus, sa communauté est historiquement connue pour sa résilience et son attachement aux principes de décentralisation et de résistance à la censure.
Cela rend le choix de Monero comme cible particulièrement questionnable.
#Des résultats peu convaincants
Deux semaines après leur première tentative d’augmentation massive de puissance de minage (début août), Qubic n’a pas réussi à accroître significativement son influence sur le réseau Monero.
Une anomalie d’environ 1 GH/s a été détectée sur un pool, ce qui pourrait suggérer une tentative de gonfler artificiellement le hashrate annoncé. Cependant, cette puissance reste très loin des niveaux nécessaires pour représenter une menace réelle de contrôle du réseau.
Même avec 60 à 70 % du hashrate, Qubic ne pourrait pas effectuer une double dépense généralisée sur Monero. L’impact potentiel serait limité à l’annulation de leurs propres paiements sur une courte période (environ 20 à 30 minutes maximum), ce qui rendrait une telle opération peu intéressante économiquement.
#Qubic : hostile ou simplement opaque ?
Le projet affirme ne pas être hostile envers Monero.
Cependant, plusieurs éléments alimentent les interrogations :
- les financeurs du projet restent anonymes ;
- son dirigeant possède un historique controversé, notamment avec la revente d’Iota à sa propre communauté ;
- certains éléments de communication du projet peuvent sembler inhabituels, comme des références mystiques telles que les « colonnes de Salomon ».
Ces éléments ne constituent pas en eux-mêmes une preuve d’intention malveillante, mais ils invitent à rester prudent.
#Que penser de tout ça ?
Le consensus ressortant du débat est plutôt clair : il n’y a pas de raison de paniquer actuellement.
La meilleure approche consiste à laisser le projet Qubic et son token faire leurs preuves sur la durée, sans lui accorder une importance excessive.
Par simple précaution, il peut néanmoins être judicieux d’éviter les transactions importantes lorsqu’une attaque potentielle est en cours ou suspectée.
#La vraie menace à surveiller
La principale menace à long terme pour Monero ne serait probablement pas un projet de minage hybride comme Qubic.
Le danger réel serait plutôt une tentative de faire évoluer Monero vers un modèle Proof of Stake (PoS).
Un tel changement pourrait introduire des risques de centralisation et aller à l’encontre des principes fondamentaux du projet.
Si ce type de discours commence à apparaître autour de Monero, il convient donc de rester particulièrement vigilant : il pourrait provenir d’acteurs cherchant à affaiblir ses propriétés de décentralisation.
#Source
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